Le point sur Ekyog

9 juillet 2018

Où sont fabriqués les vêtements Ekyog ? Quel est la part des usines labellisées ? Les marges sont-elles différentes de celles des marques conventionnelles ? Depuis quelques temps, je me posais pas mal de questions sur Ekyog et j’avais partagé mes interrogations sur Instagram. J’avais alors constaté que vous aussi souhaitiez plus de transparence de la part de cette enseigne, aujourd’hui la seule à proposer une offre de mode éco-responsable dans plusieurs villes en France.

Ekyog avait alors répondu à mes Insta stories, mais vu que c’est toujours compliqué d’expliquer les choses en quelques caractères, nous avons convenu d’une interview pour le blog.  J’ai pu poser mes questions à la responsable Production & Développement Durable. Je la remercie d’avoir pris le temps de me répondre. J’en ai profité pour vous préparer un petit look, immortalisé dimanche à Genève ! A très vite !

 

Débardeur en modal et lin* • Jupe en coton bio et lyocell* • Sac Melie Bianco vegan, fabriqué de manière éthique • Sandales fabriquées au Portugal

 

Dans quels pays fabriquez-vous et pourquoi ?

 Nos modèles sont fabriqués dans différents pays en fonction de nos sourcings matière et des savoir-faire.

En Inde pour nos produits en coton bio, l’Inde étant le producteur majeur de coton bio. Par ailleurs, le pays possède un grand savoir-faire dans les finitions de type broderie, perlage et des techniques de teinture spécifiques (exemple : tye & dye).

• A Madagascar et au Pérou pour les laines premium (Mohair et Alpaga), pour produire au plus près des lieux de récolte de la laine et dans des pays ayant une réelle maitrise de ces matières/tricot.

En Chine pour la soie, le polyester recyclé et une partie du coton bio, parce que ces matières premières sont produites dans cette zone géographique.

• En Turquie pour tous nos denims. Il y a un réel savoir-faire pour les jeans dans ce pays, et nous travaillons toujours avec le même partenaire depuis au moins 8 ans, il est très concerné par le développement durable.

En France : pour nos accessoires en tannage végétal (cuir), car les peaux proviennent de Normandie.

• En Tunisie : nous fabriquons ici les produits dont nous avons sélectionné les matières chez des tisseurs européens (mix matières). Nous avons choisi la Tunisie pour travailler en proche import et pouvoir choisir précisément les matières et imprimés.

• En Bulgarie : nous collaborons avec un patronnier français dont l’usine est en Bulgarie. Les matières sont sélectionnées en Europe et ce patronnier est particulièrement qualifié pour les grosses pièces (manteaux, costumes) et les matières difficiles à maîtriser telles que le cupro qui est très fluide et glissante lors de la confection.

« Le denim brut est le plus respectueux de l’environnement. Il ne nécessite pas de délavage couteux en eau et en énergie. »

 

Quel est le pourcentage de vos usines labellisées SA 8000 ? Quelles garanties sociales et environnementales avez-vous pour les autres ateliers (salaire vital notamment) ? 

Notre parc de fournisseurs est très restreint afin d’avoir un contact privilégié avec eux. Si nous avons sélectionné ces fournisseurs c’est parce qu’ils partagent nos valeurs éthiques.

Nous travaillons avec des usines certifiées GOTS, elles respectent un référentiel exigeant tant en termes d’écologie que social, mais aussi SA 8000, GSR, Fair Trade… D’autres usines ne peuvent financièrement assumer de se faire certifier (chaque certification est payante et nécessite un renouvellement annuel).

Chacun de nos partenaires signe notre charte éthique et s’engage à la respecter. Cette charte est construite de façon à s’approcher au mieux du référentiel GOTS. Tout n’est pas parfait, mais on s’assure du minimum imposé par notre charte, et nous nous renseignons régulièrement sur les améliorations mises en place dans les usines. Certaines usines possèdent par ailleurs leur propre fondation pour aider et améliorer les conditions de vie des populations locales. Nos usines ont été dans la majorité auditées, et de notre côté, nous nous déplaçons dès que nous le pouvons.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Le modal est une matière issue de la pulpe du bois de hêtre. Le processus de transformation du bois en cellulose a été récompensé par l’éco label de l’UE. Le lin, matière très absorbante, ne nécessite qu’une quantité limitée de teinture. » 

 

Comment sont fixés vos prix et marges ? Vous différenciez-vous des marques conventionnelles sur ce point ?

Les prix sont fixés en fonction du prix de revient de l’article. Nos exigences en termes de matières (biologiques, naturelles ou recyclées), la valorisation de savoir-faire et la rémunération correcte de l’ensemble des acteurs de nos filières impactent fortement ce prix de revient.

Afin de proposer des prix de vente qui nous paraissent le plus juste possible et qui restent « acceptables » vis-à-vis du marché, nous sommes contraints de minimiser notre marge, qui est donc beaucoup moins importante que la majorité des marques conventionnellesPar ailleurs, elle est fortement impactée par les frais de gestion de l’entreprise et notamment de notre réseau de boutiques.

 

Comment choisissez-vous vos matières écologiques ? Il existe de nombreuses innovations dans ce domaine, travaillez-vous avec des start-ups ?

Nos équipes participent à des salons professionnels pour sélectionner de nouvelles matières et se tenir informé des innovations ou des nouvelles étoffes. Aussi, nos fournisseurs sont inscrits dans la même démarche de développement durable qu’Ekyog, et nous présentent également les nouvelles matières et/les évolutions possibles.  

* Ces deux pièces m’ont été offertes.

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J’espère que ces réponses vous permettront d’y voir plus clair, en tout cas n’hésitez pas à poser vos questions en commentaires, j’en transférerai à la marque !

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12 Comments

  • Reply Ines 9 juillet 2018 at 21:54

    Excellente idée d’article !
    Mais je suis un peu sceptique pour ce qui est des marges… Quand on voit les soldes énormes qu’Ekyog fait, je doute que leur marge soit si restreinte que ça.
    J’avais entendu dire qu’ils envisageaient justement de revoir ça et de revoir leurs prix pour qu’ils soient plus juste et en consequence arrêter de faire des soldes.
    Merci pour l’article en tout cas !!!

    • Reply Tiphaine 10 juillet 2018 at 07:16

      Merci pour cet article, je précise quand même, en voyant le commentaire des les soldes d’Ekyog, que les soldes sont la seule période de l’année où les marques sont autorisées à vendre à perte, cela ne préjuge donc pas de leurs marges. Ils peuvent aussi faire des soldes importants pour toucher plus de monde et les amener à découvrir la marque et ses produits, en vendant possiblement à perte pour gagner des clients et de la notoriété. C’est une possibilité qui mérite d’être envisagée je pense.

  • Reply Catherine 10 juillet 2018 at 06:10

    Merci pour cet article.
    Comme d’autres, j’ai de gros doutes sur les marges vus les soldes énormes qu’est capable de faire la marque. La plupart des marques bio/écolo fait même des posts à chaque soldes pour expliquer pourquoi ils n’en font pas.
    D’autant qu’en faisant fabriquer dans des pays comme la Chine, la Tunisie, la Turquie comme ils le disent, ils ont dorcforcédes prix plus bas que si les articles étaient fabriqués en France. L’argument étant de fabriquer au plus près des matières qu’ils achetent, bon pkoi pas, mais je ne suis pas très convaincue

  • Reply MarieDm 10 juillet 2018 at 11:15

    Merci pour l’article ! Je me posais des questions aussi mais je reste encore un peu sur ma faim, niveau transparence ils pourraient sans doute aller plus loin je pense. Déjà mettre le pays de fabrication sur les vêtements ne serait-ce que par principe, la dernière fois que j’ai regardé un haut en boutique c’était pas mentionné du tout et c’est quand même dommage. Et pourquoi ne pas rendre la charte éthique accessible (si quelqu’un l’a trouvé je suis preneuse) ? sans ça, ça reste assez vague comme engagements sur le plan des conditions de travail.

    • Reply EKYOG 18 juillet 2018 at 15:17

      @MARIEDM
      Le pays de fabrication est toujours mentionné sur l’étiquette de nos produits, sans exception. Si vous ne le voyez pas, n’hésitez pas à demander à nos conseillères de vente.
      Concernant la charte éthique, il s’agit d’un document conséquent qui est actuellement destiné uniquement à nos partenaires. Elle a été revue récemment et nous souhaitons en faire une version simplifiée disponible pour tous (comme cela a été le cas dans le passé).
      Si vous avez des questions précises, nous sommes toujours disponibles pour y répondre de la manière la plus transparente possible. Vous pouvez écrire à notre service client (serviceclient@ekyog.com) ou nous contacter via nos réseaux sociaux.

  • Reply EKYOG 10 juillet 2018 at 15:20

    Merci Manon pour cet article 🙂

    @INES @CATHERINE @TIPHAINE
    Nous comprenons votre incompréhension, et la « méfiance » que peut susciter la pratique de démarques importantes. Néanmoins, sachez qu’en proposant des démarques importantes, nous n’avons pas d’autre intérêt que d’écouler nos stocks afin d’alimenter notre trésorerie et pouvoir financer la collection suivante. Il faut savoir que le calcul de la marge ne prend en compte que le coût de revient et les frais logistiques liés au transport des produits, et ne prend pas en compte les autres charges (masse salariale, loyers, impôts & taxes, marketing, développement de collection etc.) qui sont très loin d’être négligeables. En réalité, en moyenne, au-delà de 25% de remise, nous ne dégageons pas de bénéfice.

    Il est vrai qu’il y a aujourd’hui de plus en plus de marques éthiques qui ne pratiquent pas de démarque. C’est une politique commerciale très louable mais qu’il nous est difficile de mettre en place pour le moment pour 2 principales raisons. Premièrement, contrairement à la plupart de ces marques qui proposent des « basiques », nous sommes sur des collections saisonnières qui sont créées pour répondre aux tendances et qu’il nous faut donc écouler avant la saison suivante. Si nous ne les écoulons pas, nous ne pouvons tout simplement pas financer la saison suivante, ni couvrir nos frais (et notamment ceux liés à notre réseau de boutiques). Deuxièmement, lorsqu’Ekyog a été créée il y a 15 ans, ces jolies marques n’existaient pas, et notre politique commerciale répond donc à celle des marques de mode « conventionnelle » avec un calendrier commercial classique (VP/Soldes…). Un changement nécessiterait de pouvoir se priver d’un certain chiffre d’affaires à un instant T, ce que nous ne pouvons aujourd’hui pas nous permettre.

    Concernant le fait de produire dans différents pays, nous l’assumons pleinement. Nous avons fait le choix de produire au plus près des matières premières et des savoir-faire, avec des partenaires qui partagent nos valeurs. Nos modèles en cuir et certains de nos jacquards sont produits en France, mais, en effet, opter pour le 100% « made in France » ne fait pas partie de notre politique. Cela serait malheureusement trop coûteux, et nous ne possédons pas en France les matières premières et les savoir-faire nécessaires correspondant à nos besoins (pas de coton bio par exemple). Par ailleurs, boycotter la fabrication étrangère n’est, de notre point de vue, pas la solution. De nombreuses personnes dépendent du secteur textile pour vivre dans le monde et possèdent ces savoir-faire que nous n’avons pas localement. Aussi, nous assumons ce choix : travailler avec des partenaires partout dans le monde et faire évoluer ensemble les choses vers une mode plus respectueuse et éthique.

    Nous ne prétendons pas être parfaits, nous sommes conscients des limites que nous avons encore à repousser. Aussi, nous travaillons, tous les jours, à faire évoluer les choses dans le bon sens, à notre niveau. Nous espérons avoir pu lever vos doutes et nous sommes toujours disponibles pour vous répondre de la manière la plus transparente possible.

    #ingreenwetrust

  • Reply JP Marine 18 juillet 2018 at 16:41

    Bonjour, je me pose la question de l éthique concernant la laine et la bien-traitance des moutons qui servent à la production de laine.La marque n affiche pas clairement une position cruelty free.Pouvez vous nous en dire plus?

    • Reply EKYOG 19 juillet 2018 at 14:40

      Nous faisons notre maximum pour assurer le bien-être des animaux, c’est quelque chose qui nous tient également à cœur. Si la traçabilité est un sujet délicat, nous mettons tout en œuvre pour être le plus transparent possible et demandons à tous les intermédiaires de la filière de respecter notre charte éthique. Chaque matière se gère différemment mais le mulesing est bien entendu proscrit quel que soit le type d’élevage.

      > La laine de mouton : elle provient majoritairement d’Australie et de la nouvelle Zélande. Les animaux sont tondus 1 à 2 fois par an, à l’aide d’une tondeuse électrique. Cette opération est totalement indolore pour l’animal. C’est même une nécessité pour lui qu’on lui enlève sa toison en termes de confort et d’hygiène, car elle peut pousser très vite et devenir un nid à parasites au bouts de quelques mois.

      > La laine alpaga : elle provient exclusivement du Pérou. Nous avons choisi de travailler avec un petit fournisseur qui travaille l’alpaga avec un très grand respect des animaux. Les cheveux de l’alpaga sont coupés une fois toutes les 18 à 24 mois en fonction de leur longueur. Ils sont ensuite séparés à la main en fonction de leur qualité (alpaga royal, baby alpaga, super fines, etc.). Ce processus est presque réalisé comme un rituel, accompli par les femmes et hérité de mère en fille. Une fois triées, les fibres vont alors directement à l’usine pour produire le fil puis les tricots.

      > La laine cachemire : la chèvre cachemire vit sur les hauts plateaux himalayens du Ladakh ainsi qu’au Tibet et principalement en Mongolie Intérieure (province autonome chinoise regroupant 70 à 80% des chèvres cachemire). Au printemps, lorsque les températures remontent, la chèvre perd une partie de ses poils et est donc peignée. L’élevage des chèvres cachemire et la vente de la laine contribue largement à la pérennité de la population rurale.

      > La laine mohair : elle provient de la chèvre Angora. C’est une très belle matière douce et gonflante. Chez EKYOG, une attestation de respect des animaux est demandée. Le mohair provient principalement d’Afrique du Sud, nous travaillons avec un fournisseur de la région qui est profondément attaché à ses animaux. Nous l’avons rencontré suite au scandale du mohair de cette année. Il est très attristé par cela et déplore que certains producteurs soient malveillants et torturent leurs animaux,car cela est non seulement inhumain mais ce scandale entache la filière mohair et il craint que les consommateurs fasse l’amalgame entre le mohair de qualité et le mohair utilisé par des enseignes peu scrupuleuses.

      Pour chacun de nos fournisseurs, nous demandons des attestations de respect des conditions de vie des animaux. Par ailleurs, nos partenaires sont sensibilisés et partagent les mêmes valeurs éthiques que nous. Ils sont donc soucieux de la qualité des filières où se procurer les matières premières.

      #ethicalfashion

  • Reply helen 19 juillet 2018 at 07:40

    Bonjour,je m’interroge aussi sur les conditions d’élevage,car la marque dit y être sensible ,néanmoins,on aimerait que figure sur les étiquettes une certification garantie par un label indépendant.

  • Reply Cassandre 19 juillet 2018 at 07:52

    Même commentaire que juste au dessus, pensez vous vous engager sur une démarche « vegan » en laissant à minima tomber le cuir et en vous engageant sur des produits type pinatex ou cuir de champignons?

  • Reply Elena sans H 23 juillet 2018 at 09:34

    Merci Manon et Ekyog d’avoir pris le temps de réunir ces infos qui nous permettent d’en savoir plus sur les démarches d’Ekyog. Il semble @Manon que tu avais précisé en stories ou en feed quà partir de 20% de réduction, Ekyog ne fait plus de marge. Mais alors, comment cette marque peut elle être pérenne avec des réductions allant jusqu’à -50% (et en ce moment, avec 20% de réduction supp sur les prix soldés!). Je comprends tout à fait que la marque est arrivée quand il était normal de proposer des soldes et d’avoir plusieurs boutiques… Mais aujourd’hui, la mode éthique et la transparence allant avec, prend de plus en plus d’ampleur et de voix. Est-il alors envisager de proposer une vraie transparence sur les prix (comme le fait Aatise par exemple) ou de réduire le nombre de boutiques ? (je n’achète que sur internet alors que j’habite Paris). Enfin, je trouve cela chouette de proposer une section « outlet » sur le site d’Ekyog. Chaque marque devrait faire de même!

    • Reply EKYOG 24 juillet 2018 at 09:45

      Le fait de proposer des démarques importantes pendant les soldes n’a pas d’autre intérêt que d’écouler notre stock pour alimenter notre trésorerie et pouvoir financer la collection suivante. En proposant une remise de -60%, nous arrivons à une marge commerciale nulle, mais celle-ci ne prend pas encore les frais logistiques, ni les autres charges telles que la masse salariale, les impôts ou encore les loyers ou le développement de collection. Donc en réalité, au-delà de 25% de remise, nous ne dégageons pas de bénéfice. Aujourd’hui, nous ne communiquons effectivement pas de manière globale sur notre prix mais nous répondons avec le plus de transparence possible aux questions qui nous sont posées.

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