12 conseils pour s’habiller de manière responsable

19 novembre 2017

Modifier son rapport à la mode peut sembler complexe. On a nos marques préférées, on n’a pas forcément un budget conséquent à consacrer à l’achat de vêtements, et puis on ne sait pas où trouver des marques vraiment responsables. Pour guider celles qui souhaitaient adopter une approche plus éthique dans ce domaine, j’avais publié il y a deux ans un article sur la manière de se constituer une garde-robe responsable sans se ruiner. J’ai eu aujourd’hui envie de répertorier des conseils plus généraux pour avoir une démarche éthique. Bon j’ai parfois l’impression d’enfoncer des portes ouvertes, mais j’espère que cela pourra quand même vous être utile ! Vous verrez, ce n’est pas si compliqué. On comprend très vite que c’est un moyen pour se simplifier la vie, éviter les dépenses inutiles, et même prendre plus de plaisir à s’habiller !

 

C’est une première étape importante selon moi, peut-être un peu brutale pour les adeptes du shopping hebdomadaire. Faire une detox de shopping a deux avantages, au-delà des économies réalisées. Déjà, on redécouvre les vêtements et accessoires oubliés. Certains ne nous plaisent plus, mais d’autres ont été délaissés à cause de petits défauts qui peuvent être réparés (l’anse cassée d’un sac par exemple), ou bien seulement parce qu’on avait rien à mettre avec ! Deuxième bénéfice : on se rend compte de ce qui nous manque vraiment. De mon côté j’ai des périodes « no buy » plus ou moins longues, mais vouloir m’habiller éthique me facilite la tâche car je suis devenue très difficile ! Pour avoir une idée claire de ce que contient votre armoire, je vous conseille l’application Clothe to me qui permet de compiler les photos de vos vêtements.

 

J’ai acheté trois ans après tout le monde le livre Marie Kondo, La magie du rangement. J’aime bien sa méthode de tri : prendre chaque vêtement et de se demander s’il vous rend heureuse. Pas de pitié pour ceux qui ne vous inspirent pas plus que ça ! Par contre ne faites pas comme elle pour ce qui est de la suite (une lectrice m’a fait la remarque aussi !) : elle occulte totalement le recyclage et vous conseille carrément de jeter à la poubelle les affaires que vous voulez plus (et si VRAIMENT vous ne pouvez pas vous en empêcher, elle vous autorise à les donner à vos proches). J’aborde la fin de vie des vêtements plus bas.

 

Il ne s’agit pas forcément de se caser dans une catégorie (classique, rock…), mais de prendre conscience du type de tenues dans lequel on se sent bien. Inspecter les pièces qu’on ne met jamais donne une idée de nos mauvaises habitudes ! Exemple : mon coup de coeur pour des escarpins pailletés il y a deux ans. Je savais pertinemment que je n’étais pas à l’aise sur des talons de 10 cm, mais j’avais décidé d’être plus « féminine », et puis ils étaient soldés à 80% ! Résultat : je ne les ai jamais mis (je ne les sors de leur boîte que pour les admirer…). Bref, regardons les choses en face !

 

C’est le meilleur moyen d’éviter les achats superflus. Rédiger une liste permet de définir une sorte de cadre : il est alors plus facile de s’en tenir à ce qu’on a consciencieusement noté… c’est assez magique ! Ça ne veut pas dire qu’on ne doit pas y faire figurer d’achats absolument « utiles », le tout c’est que ce soit un minimum réfléchi et pas acheté sur un coup de tête lors d’une virée shopping. Ainsi de mon côté j’ai besoin d’un manteau chaud (et long) mais j’ai aussi envie de créoles dorées (petites mais épaisses, pas facile !). Ça permet d’étaler nos achats et de définir nos priorités.

 

J’aime beaucoup les vêtements colorés, à motifs. J’adore les rayures, les chevrons, les pois, les fleurs ! Mais je me suis rendue compte que je manquais de basiques et que j’avais justement du mal à assortir ces pièces. Mon objectif est désormais d’avoir une majeure partie d’intemporels dans sa garde-robe : des pulls amples en laine aux couleurs neutres, des jeans bien coupés, des t-shirts unis… La clé c’est notamment de ne pas suivre la mode : bien souvent on se lasse des vêtements « tendances » au bout de quelques mois. Et pour éviter de se lasser de ses basiques, il suffit parfois d’accessoiriser : un simple pull gris aura une allure différente selon les bijoux que vous portez par exemple.

 

Personnellement c’était mon gros point faible… J’avais tendance à avoir des coups de coeur pour des pièces et ne pas du tout me poser la question de savoir si je pouvais les assortir avec ce que j’avais déjà. Résultat : je me retrouvais avec des fringues que j’adorais mais le matin impossible de savoir avec qui les mettre… Posséder pas mal de basiques permet de résoudre en partie le problème.

 

La qualité de la coupe est souvent quelque chose qu’on néglige. Or, plus une jupe, une robe, un pantalon sont bien coupés, plus ils seront agréables à porter… et plus vous les porterez. Il suffit parfois qu’une jupe soit un peu trop évasée, une veste pas assez ajustée, pour les oublier au fond de notre armoire. Pour avoir un avis objectif vous pouvez aussi faire appel à des pros, ils vous conseilleront sur les coupes et les couleurs qui vous mettent en valeur.

 

Ça demande un peu de pratique mais vous pouvez jeter un oeil aux coutures et finitions pour vérifier la qualité du vêtement (vous avez un exemple ici avec la différence entre un vêtement Zara et celui réalisé par une créatrice). Regardez aussi les tissus : ce coton vous semble-t-il solide, cette jupe est-elle doublée ? De mon côté j’ai tendance à privilégier les matières épaisses comme le denim (le chanvre est aussi très solide), pour leur robustesse mais aussi pour l’entretien ! Regardez bien les indications sur les étiquettes : êtes-vous prêts à laver à la main vos chemises, vos robes ? Moi non, ou du moins ponctuellement. Du coup j’essaie d’éviter les matières délicates : par exemple je préfère le lyocell à la soie. Je fais une exception pour ce que je ne dois pas laver souvent, comme les gros pulls.

 

Vous trouverez une liste des marques éco-responsables dans la rubrique « annuaire slow fashion » du blog. Bien sûr les prix sont plus élevés que les enseignes de fast fashion mais l’idée est de consommer moins mais mieux. D’ailleurs pour définir vos critères de choix en fonction de vos valeurs et aspirations, j’avais écrit cet articleLa mode éthique c’est le local, les matières naturelles, mais aussi le vintage et la seconde main ! Vous pouvez aussi louer au lieu d’acheter.

 

Pour éviter les achats impulsifs, rien de tel que de laisser passer quelques jours avant de se décider. Est-ce que vous vous voyez porter cette pièce pendant plusieurs années ? Si vous avez toujours un doute que ce soit sur la coupe, la couleur… c’est que la pièce ne vous convient pas parfaitement et que vous n’allez pas rentabiliser cet achat.

 

Vous saviez que la moitié de l’impact écologique d’un vêtement a lieu après l’achat (normalement oui si vous lisez bien mon blog héhé) ? Autant vous dire qu’on a de plus grandes responsabilités qu’on ne le croit ! Ça signifie aussi qu’on peut diminuer son empreinte en adoptant quelques gestes simples, pour à la fois prendre soin de ses vêtements et limiter son impact. Vous pouvez déjà laver moins vos vêtements : nettoyer seulement la tâche qui vient de s’incruster sur votre jean, aérer ou désodoriser votre pull qui ne sent pas la rose alors qu’il a été lavé récemment. Faire une grosse lessive par semaine plutôt que 2 petits cycles, tout comme baisser la température de lavage. Pour limiter l’usage d’électricité, oublier le sèche-linge et limiter le repassage en étendant correctement ses vêtements, ou en les suspendant. Côté produits, préférer une lessive naturelle ou un pressing écolo. Pour éviter d’abîmer trop vite vos affaires, laver délicatement (dans un filet ou à la main) les pièces qui le demandent. Enfin, faire réparer vos vêtements, ou apprendre à le faire (c’est pas gagné de mon côté…) !

 

L’idée est de ne surtout pas jeter ses vêtements à la poubelle, même s’ils sont en très mauvais état. Vous avez plusieurs options. Vous pouvez les revendre, faire du troc avec des amis, les donner, les offrir à des associations ou des ressourceries. Il existe aussi des conteneurs prévus à cet effet, et bonne nouvelle : les points d’apport se développent (vous avez la liste ici). Les textiles, chaussures et linge de maison déposés seront réutilisés (donnés aux plus démunis ou revendus) ou recyclés : transformés en chiffons, en fibres, en énergie…

***

Voilà, j’espère que ces conseils vous aideront !

Je vous ai préparé un document PDF avec ces conseils sous forme de fiche, pour que vous puissiez l’avoir dans un format plus pratique, lors de vos achats par exemple ! Vous pouvez le télécharger ici : Mémo mode éthique.

N’hésitez pas si vous avez des questions, et si vous voulez partager en commentaire votre expérience !

 

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3 Comments

  • Reply pivoine 19 novembre 2017 at 09:36

    Merci pour cet article ! EN ce moment je suis ton conseil 1 : ne pas acheter, et je me rends compte que j’ai bien assez de fringues !

  • Reply bordelaise-by-mimi.com 22 novembre 2017 at 08:49

    Hello!
    Merci pour ces bons conseils 🙂 J’étais une véritable shopping addict il y a encore un an. Mais en réalisant l’impact négatif de l’industrie de la mode Fast Fashion, j’ai fait comme tu l’appelles « une detox » shopping, puis j’ai commencé (et continue) à trier mes vêtements. Mais pas pour les jeter, plutôt pour les donner à des proches, des asso ou les emmener à des friperies 🙂
    Bisous et bonne journee
    Mimi

  • Reply Cosima 22 novembre 2017 at 09:36

    Parfait.
    On ne peut que vous remercier, Manon, de nous mettre sur un bon chemin éco-responsable.
    J’ai le double de votre âge mais je profite pleinement de vos conseils!
    Il faut bien insister sur le volet social de cette démarche, tout autant qu’environnemental.
    personne ne peut ignorer désormais les conditions déplorables de travail que notre coquetterie inflige à des milliers de femmes et d’enfants démunis. Nous ne pouvons pas faire « comme si ça n’existait pas ».
    Continuez.

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